Le train.
Par où commencer. La première fois que j'ai pris le train, je ne m'en souviens évidemment pas. Je dis « évidemment » car c'est une évidence pour moi, petit bourgeois issu d'une famille respectable au sang presque Royal, à entendre mon oncle Jean. Mais passons.
La première fois, donc, je ne puis me souvenir de l'attitude de mes semblables, voués au même supplice que moi pendant une a quelques heures, selon si l'on va de Paris à Bordeaux, ou de Puyoo à Orthez. Mais encore une fois, je m'égare du Nord, Terminus tout le monde descend et roulez jeunesse.
Non, soyons sérieux. Le train est un supplice. L'été, il y fait chaud. L'hiver, il y fait encore plus chaud que l'été. La compagnie s'occupant du réseau ferré (non pas Léo, l'autre), cette compagnie donc, semble être, a tort ou a travers, pardon, raison, la coqueluche des grognons et autres pousseurs de gueulantes, fatigués de s'attaquer au gouvernement, aux américains, à l'arabe du coin et au poisson pas frais de chez monsieur Félix qui m'a filé la courante la semaine dernière.
Oui, le train, merveille de technologie, permet d'aller vite d'un point A à un point B. Cependant, entre ces deux points, il se passe une, voire deux, même des fois six heures continues ! Six heures a supporter le gamin qui hurle à coté de vous, les sourires à la fois désolés mais méprisants de la maman, l'air de dire, « Oui, mon gamin hurle, et alors ? z'avez jamais vu de gosses ?? ». Non connasse, et j'en aurais pas. Car faire des mômes, c'est facile...Mais s'en occuper ? très peu pour moi ! Je ne renie pas le sexe pour autant, loin de là, (il m'est même arrivé de m'adonner aux joies coïtales, tenez vous bien, lors d'un Paris-Marseille! Je compte évidemment sur la discrétion du lecteur bien entendu) mais de là à faire un gosse juste pour pouvoir se payer une partie de jambes en l'air sous l'½il bienveillant de Vénus, je préfère plutôt aller me coucher directement, ça m'évitera 20 ans de soucis.
Mais reprenons au début, et chronologiquement s'il vous plaît.
Tout commence par l'achat du fameux sésame permettant l'accès à la rame.
Mettez vous donc, cher lecteur, en situation.
Vous sortez de la voiture, ou du bus, ou du métro, bref.... Vous approchez de la porte de la gare, peu importe laquelle, et déjà, ils sont là.... Les autres voyageurs. Beaucoup sont dans le même état d'esprit que vous, ils n'ont aucune envie d'affronter la mégère vitrifiée a la voix robotique d'hygiaphone ; d'autres sont pressés, et ne regardent pas autour d'eux, ils vont à toute vitesse sans tenir compte de la vieille dame devant eux qu'ils poussent nonchalamment avant de filer s'engouffrer dans la bouche béante de métro. Vous vous risquez a pénétrer l'enceinte ferroviaire et vous dirigez vers les guichets, en priant dans votre fort intérieur « Pitié, Dieu, Bouddha, Allah, quelqu'un ! Faites qu'il n'y ait pas de file d'attente !!! » Et là....PAF ! Une trentaine d'humanoïdes alignés bien sagement entre les barrières faites en ceintures de sécurité bleues, attendent patiemment que de l'un des boxes vienne le fatidique cri, « SUIVAAAAANT »...Sympa Dieu, merci. Et les autres vous perdez rien pour attendre.
Après 20 bonnes minutes d'attente tout en essayant d'empêcher la vieille de derrière de vous passer devant, (sans déconner, céder sa place c'est bon dans le bus, mais à la gare, chacun sa merde) le moment de commander les billets est arrivé. Ca y'est ! C'est a vous ! Vous vous avancez vers le guichet, où vous attend une grosse dame dont les seins dodus ne feraient pas même pas envie à un naufragé n'ayant pas vu de femmes depuis 10 ans, cette femme qui derrière une couche de maquillage appliquée au pistolet à peinture et une teinture de cheveux rouge soviétique, cache sûrement la gentillesse et la sensibilité d'une bouchère a qui on paye le Rôti de veau avec des petites pièces. Et c'est a ça que vous balbutiez, tremblant de peur, un léger « Bonjour, il me faudrait un billet pour samedi »...
(tiré de "Enervants. Ou comment éviter de commettre un meurtre à chaque coin de rue.", édition: qui voudra bien me publier. Parution: aucune idée ca dépendra de l'éditeur)
Par où commencer. La première fois que j'ai pris le train, je ne m'en souviens évidemment pas. Je dis « évidemment » car c'est une évidence pour moi, petit bourgeois issu d'une famille respectable au sang presque Royal, à entendre mon oncle Jean. Mais passons.
La première fois, donc, je ne puis me souvenir de l'attitude de mes semblables, voués au même supplice que moi pendant une a quelques heures, selon si l'on va de Paris à Bordeaux, ou de Puyoo à Orthez. Mais encore une fois, je m'égare du Nord, Terminus tout le monde descend et roulez jeunesse.
Non, soyons sérieux. Le train est un supplice. L'été, il y fait chaud. L'hiver, il y fait encore plus chaud que l'été. La compagnie s'occupant du réseau ferré (non pas Léo, l'autre), cette compagnie donc, semble être, a tort ou a travers, pardon, raison, la coqueluche des grognons et autres pousseurs de gueulantes, fatigués de s'attaquer au gouvernement, aux américains, à l'arabe du coin et au poisson pas frais de chez monsieur Félix qui m'a filé la courante la semaine dernière.
Oui, le train, merveille de technologie, permet d'aller vite d'un point A à un point B. Cependant, entre ces deux points, il se passe une, voire deux, même des fois six heures continues ! Six heures a supporter le gamin qui hurle à coté de vous, les sourires à la fois désolés mais méprisants de la maman, l'air de dire, « Oui, mon gamin hurle, et alors ? z'avez jamais vu de gosses ?? ». Non connasse, et j'en aurais pas. Car faire des mômes, c'est facile...Mais s'en occuper ? très peu pour moi ! Je ne renie pas le sexe pour autant, loin de là, (il m'est même arrivé de m'adonner aux joies coïtales, tenez vous bien, lors d'un Paris-Marseille! Je compte évidemment sur la discrétion du lecteur bien entendu) mais de là à faire un gosse juste pour pouvoir se payer une partie de jambes en l'air sous l'½il bienveillant de Vénus, je préfère plutôt aller me coucher directement, ça m'évitera 20 ans de soucis.
Mais reprenons au début, et chronologiquement s'il vous plaît.
Tout commence par l'achat du fameux sésame permettant l'accès à la rame.
Mettez vous donc, cher lecteur, en situation.
Vous sortez de la voiture, ou du bus, ou du métro, bref.... Vous approchez de la porte de la gare, peu importe laquelle, et déjà, ils sont là.... Les autres voyageurs. Beaucoup sont dans le même état d'esprit que vous, ils n'ont aucune envie d'affronter la mégère vitrifiée a la voix robotique d'hygiaphone ; d'autres sont pressés, et ne regardent pas autour d'eux, ils vont à toute vitesse sans tenir compte de la vieille dame devant eux qu'ils poussent nonchalamment avant de filer s'engouffrer dans la bouche béante de métro. Vous vous risquez a pénétrer l'enceinte ferroviaire et vous dirigez vers les guichets, en priant dans votre fort intérieur « Pitié, Dieu, Bouddha, Allah, quelqu'un ! Faites qu'il n'y ait pas de file d'attente !!! » Et là....PAF ! Une trentaine d'humanoïdes alignés bien sagement entre les barrières faites en ceintures de sécurité bleues, attendent patiemment que de l'un des boxes vienne le fatidique cri, « SUIVAAAAANT »...Sympa Dieu, merci. Et les autres vous perdez rien pour attendre.
Après 20 bonnes minutes d'attente tout en essayant d'empêcher la vieille de derrière de vous passer devant, (sans déconner, céder sa place c'est bon dans le bus, mais à la gare, chacun sa merde) le moment de commander les billets est arrivé. Ca y'est ! C'est a vous ! Vous vous avancez vers le guichet, où vous attend une grosse dame dont les seins dodus ne feraient pas même pas envie à un naufragé n'ayant pas vu de femmes depuis 10 ans, cette femme qui derrière une couche de maquillage appliquée au pistolet à peinture et une teinture de cheveux rouge soviétique, cache sûrement la gentillesse et la sensibilité d'une bouchère a qui on paye le Rôti de veau avec des petites pièces. Et c'est a ça que vous balbutiez, tremblant de peur, un léger « Bonjour, il me faudrait un billet pour samedi »...
(tiré de "Enervants. Ou comment éviter de commettre un meurtre à chaque coin de rue.", édition: qui voudra bien me publier. Parution: aucune idée ca dépendra de l'éditeur)

